A la rencontre de Sylvie Grignon, une auteure qui nous veut du bien !

Couv_Hachimoto

Bonjour à tous,

Je lance une nouvelle chronique. Je tenais à remercier ces auteurs qui m’ont fait confiance et m’ont confié leurs bébés pour que je puisse les lire et en faire une chronique. Alors pour leur rendre cette confiance, j’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur leur personne. Je les ai donc invités à répondre à une interview, un peu décalée.

La première personne à se lancer est Sylvie Grignon. Je l’ai rencontrée sur un groupe le 25 Décembre 2014 , le jour où le père noël m’offrait ma liseuse. Elle m’a tout de suite tendu la main pour m’aider à m’en sortir dans son fonctionnement et m’a confié son polar Rouge. Depuis ce jour, je suis fière de ce cadeau et je n’hésite pas à le crier autour de moi. Donc, je trouvais cela tout à fait normal que Sylvie Grignon soit la première personne à tester mon côté « interview ».

Allez hop c’est parti !

Anne-Ju :Bonjour, Sylvie, merci d’être la première à tester mes talents d’intervieweuse. Tout d’abord, je te laisse te présenter et dire ce que tu veux de toi (passions, ce que tu détestes, etc….)

Sylvie Grignon : Tout d’abord merci Anne-Ju  pour cette interview, jeu littéraire auquel je vais me prêter avec joie.

Que dire de moi ? Je suis une personne de l’ombre qui déteste les projecteurs. Fidèle en amitié, j’ai la chance de pouvoir compter sur des personnes sûres. Maman de quatre enfants et grand-mères de deux petits-enfants, j’attache une grande importance à la famille. J’en profite pour remercier ma fille Emeline, graphiste, qui réalise toutes mes couvertures. (Très jolies couvertures, je confirme )

Ma passion est bien sûr la lecture, l’écriture et le cinéma. Je déteste les conflits, les ragots, les personnes malintentionnées. Je fuis, non par lâcheté, mais par instinct de conservation, les énergies négatives. Par contre, je ne refuse jamais d’aider une main qui se tend. Sinon je me ressource à la mer et loin de la civilisation.

AJ : Que fais tu dans la vie professionnelle ? Ton métier te plaît-il ? 

SG : Enseignante depuis 23 ans, j’ai toujours aimé les enfants ayant été avant d’être enseignante puéricultrice, durant quinze ans. Enseigner est une profession que j’ai choisie, que j’aime, mais qui devient de plus en plus difficile de nos jours. Nous devons, nous enseignants, être à la fois des éducateurs, des passeurs de mémoire et des professeurs. Je crois en l’enfant et j’espère qu’ils gardent une trace de ce que je leur ai modestement appris. Tout un programme! J’aime mon métier, mais à quelques années de la retraite, je songe à en sortir pour rebondir sur autre chose. La vie est un éternel mouvement. Et j’ai plein de projets : créer ma petite maison d’édition spécialisée dans les romans policiers, par exemple. Un rêve ? Il est important de pouvoir rêver.

AJ :Waouh super comme rêve ! Tu pourras compter sur moi 😉  Arrives-tu à faire passer à tes élèves le plaisir qu’est la lecture ? D’ailleurs, toi qui es plongée dans ce monde, quelle est  la place de la lecture chez les jeunes ? Comment la voient-ils ?

SG : J’essaie ! Mais en 2015, c’est très difficile, car le livre est concurrencé par les jeux en ligne et contre cela les enseignants sont impuissants. En 1995, 80% des élèves lisaient. Aujourd’hui, avec du mal j’atteins les 20%. Une vraie réalité. Je leur offre à découvrir toujours des romans du programme, mais aussi des livres sympas, souvent fantastiques ou policiers, car c’est un domaine qui attire les enfants. Comment voient-ils la lecture ? Comme une contrainte, comme du temps perdu. Lire un livre c’est perdre deux heures sur League of Légend ou un autre jeu vidéo. Un vrai drame pour certains ! Mais chaque année, j’ai deux élèves qui me disent avoir découvert le plaisir de lire. Cela peut sembler peu, mais pour moi, c’est ma petite victoire.

AJ  :Je confirme que 2 c’est toujours mieux que rien ! La plume te démange depuis combien de temps ? Un rituel pour écrire ?

SG : Je suis tombée dans la marmite de l’écrire toute jeune. J’avais treize ans. J’ai débuté un journal intime que je n’ai jamais cessé d’écrire. J’avais des dizaines de correspondantes avec qui j’échangeais des lettres manuscrites de dix pages. Ensuite, je me suis mise à écrire des histoires pour mes enfants, des poèmes lorsque mon cœur saignait. Aujourd’hui, j’ai ce besoin d’écrire quotidien à travers mon blog et lorsque je suis en vacances, à travers mes manuscrits.

http://rougepolar.unblog.fr/

AJ: Parlons de ta trilogie Rouge, Blanc, Bleu …Comment est-elle née ? J’ai cru comprendre que tu t’es inspirée de certaines choses que tu as vécues. Les couleurs, un choix patriotique (lendemain du 14/07 oblige)? lol

SG : Par hasard, même si je pense que rien n’est un hasard. J’ai rencontré en 2010, une personne qui m’a fait redécouvrir le son des mots, m’offrant des livres compliqués qui m’ont donné envie d’écrire aussi bien. Parfois, on oublie la vraie écriture. J’en étais rendue à ne lire que des romans tout simples, par faute de temps. J’ai repris donc le temps de lire. J’ai débuté l’écriture un été d’un roman léger, ensoleillé, un peu le style Harlequin. Sept chapitres poétiques. Internet n’est pas un monde sans vice et j’ai fait l’objet d’un piratage malveillant. J’ai perdu toutes traces de mes écrits (par ma faute, n’ayant rien sauvegardé). En colère, j’ai écrit deux nouvelles Autopsie d’une amitié  et tu fus donc je suis. Le cri de la douleur. Des mots sur mes maux. Plusieurs amis sont tombés amoureux de mes mots et m’ont poussée à écrire un manuscrit, « un vrai » comme ils disaient. Vu la violence de mon piratage et de ce qui s’y accrochait, j’ai décidé de faire un roman policier. Voilà comment Rouge est né. Dans ce roman, il y a effectivement un chapitre nommé Chris qui parle de mon fils Christophe décédé il y a 25 ans. Une sorte d’hommage. Sinon les personnages et les situations sont fictifs même si nombreuses sont les personnes qui s’y identifient (ce qui me fait plaisir !)

La trilogie n’a rien de patriotique. Rouge, symbole de la trahison et de la médecine. Blanc, comme l’innocence des enfants et Bleu pour finir la trilogie en rapport avec une éprouvette mystérieuse.

Au final Rouge-Blanc-Bleu représente le drapeau du Paraguay où se passe le dernier tome.

AJ :Voilà une belle explication qui je pense va donner encore plus envie aux lecteurs de lire ta trilogie. Autre livre, autre genre : Carla. Peux-tu nous parler de cette belle aventure ?

SG : Carla fut écrit comme un défi. Un collègue (un peu jaloux ?) m’a dit que j’avais un style facile, simpliste et que je n’étais pas capable d’écrire autre chose. J’adore les défis. J’ai sorti Carla de mes tripes en six semaines. J’ai eu la chance qu’une éditrice en tombe follement amoureuse et l’aventure a commencé ! ( et le début d’un long travail : plus de six mois de réécriture ensuite 🙂 )

AJ : Je vais peut-être te lancer un défi d’écrire une nouvelle avec une héroïne se prénommant Anne-Ju ;-). Une chose qui intéresse beaucoup de gens, c’est le parcours pour arriver à être édité. Car écrire c’est un fait, mais être édité est aussi une grande réussite. Tu nous parles un peu de ton parcours du combattant ? Des mauvaises rencontres ? Des bonnes ? Des soutiens ?

SG : Rouge est un hasard. J’avais fini mon manuscrit, je l’ai fait lire à des amis. Une de ces personnes l’a envoyé à Edilivre. Quelle surprise en recevant ce premier contrat ! Je ne connaissais rien à l’édition. Je tiens à dire que cet éditeur est une édition alternative que beaucoup apparentent à de l’auto-édition. Je suis plus réservée aujourd’hui sur le terme  » auto édition « , car Edilivre a aujourd’hui un grand stand au Salon du livre et commence à faire sa place même si côté promotion, c’est zéro. Lorsque Rouge est sorti le 23 décembre 2013, j’étais comme une mère dont l’enfant vient de naître. Le bonheur. Je misais sur 50 lecteurs. J’en ai eu dix fois plus ! Waouh ça c’est un beau cadeau de Noël !

Je n’ai donc pas fait de mauvaises rencontres. Avec Carla, j’ai touché les « vraies » éditions et c’est un autre monde, avec d’autres contraintes. Depuis, je reçois de nombreux contrats de grosses maisons d’édition (j’avais envoyé Carla un peu partout) et n’ayant pas par paresse annulé mes envois, je constate que ce roman plaît aux différents éditeurs. Mais je suis une personne de coeur qui laissera l’exclusivité de ce type de roman à l’éditrice qui m’a ouvert ces  portes. Pour info, j’ai reçu dix-huit contrats pour une suite 🙂 Contrairement à beaucoup d’auteurs, je n’ai pas vécu un parcours du combattant, peut-être à cause de mon écriture facile comme dirait quelqu’un 🙂

AJ : Je retrouve bien là ton côté « je marche avec le coeur ». C’est beau et émouvant. Et c’est d’ailleurs ce que tu fais passer dans tes écrits.  Sylvie, comme tu le sais, j’ai adoré ta trilogie. J’avoue que je n’ai pas encore lu Carla. Mais ça va venir. Comment tu gères les mauvaises critiques ? Car je me doute qu’au fond de soi, ça doit être blessant, même si c’est le risque.

SG : En tant d’enseignante, on est toujours mise sur un bûcher et critiquée. Je suis donc blindée à la critique. Elle ne me touche que très peu sauf si elle est méchante et non justifiée. J’ai eu une critique sur Amazon (retirée depuis) par une personne qui démolissait tous mes livres sans les avoir lus avec des mots  » polars de bas quartier pour Young adulte ». Pour Rouge, j’ai reçu des critiques, justifiées puisque ce n’était qu’un brouillon (et oui, je n’avais pas relu mon manuscrit !) et je m’en suis servie pour m’améliorer. Pour Carla, nous avons reçu des critiques sur les scènes érotiques trop poussées que mon éditrice avait demandé. Nous en tenons compte pour la sortie nationale. Le livre fut épuré.

Je doute continuellement. Je me considère comme une gribouilleuse qui joue simplement avec les mots. Mais je crois en mes idées et j’espère pouvoir continuer à les faire vivre à travers mes romans. Écrire fait partie de moi, être lue est un rêve qui s’est réalisé et j’espère que ce rêve ne cessera jamais.

AJ :  Dis-moi Sylvie, un livre que tu aurais aimé écrire et pourquoi ?

SG : Le Petit Prince de Saint-Exupéry qui représente pour moi la perfection philosophique pouvant toucher aussi bien un enfant qu’un adulte.

AJ : J’adore aussi ce livre. Et lors de l’émission de LGL, il est le livre n°1 des français. Je vais aller voir son adaptation au ciné. Ton livre de chevet ? 

SG : Curieusement je n’en ai pas. J’aime trop les livres pour n’en garder qu’un seul.

AJ : Le livre que tu as commencé et que tu n’arrives pas à finir ?

SG : Je fais faire hurler. Le dernier prix Goncourt Charlotte. J’en suis au tiers et non, je n’accroche pas même si c’est bien écrit.

AJ : Lire un livre récompensé  ne veut pas dire que l’on va aimer ! 😉 Le livre qui t’a le plus déçu ?

SG : Je vais encore faire hurler mais AFTER. J’ai trouvé ce livre simpliste. Je crois que je vais me faire des ennemis. 🙂 (mon âge peut être ?)

AJ : Je te rassure celui-là, je ne vais même pas le lire. Ma curiosité n’en veut pas lol Combien de livres en attente dans ta PAL ?

SG : Des dizaines ! J’ai une liseuse remplie et une pile de livres brochés prêts pour mes vacances.

AJ : Question estivale : tu lis quoi en ce moment ? et quels livres vas-tu mettre dans ta valise ?

SG :Je viens de finir Pandemia de Franck Thilliez que j’ai beaucoup aimé. Et dans ma valise, j’ai une série de romans : La fille du train, Je suis Pilgrim, La fille aux tatouages, Le complot des immortels et la suite de GOT.

AJ :  Quels sont tes prochains projets d’écriture ?

SG :Tout d’abord je viens d’envoyer à mon éditrice la suite de Carla et surtout je tiens à rappeler que Carla sort en diffusion nationale en octobre.

En septembre va sortir en prévente avant la diffusion nationale, un petit essai  Hashimoto mon amour qui est mon combat pour faire reconnaître une maladie de la thyroïde, la maladie d’Hashimoto, trop souvent méprisée et ignorée. J’espère ébranler un peu les mentalités. Cet essai fut réalisé à partir de huit cents témoignages de malades. L’une d’elles un jour sur un groupe m’a dit : « écris pour nous ! » Je l’ai fait !

Actuellement, je suis dans l’écriture d’un nouveau roman policier, une nouvelle aventure d’Antoine Bourgnon, mais sans lien côté trilogie. Et on vient de me lancer un nouveau défi : écrire une dystopie. Là, je sens que je peux aller dans le mur, mais pourquoi pas ? Ma devise reste : toujours tenter l’impossible et aller jusqu’au bout de ses rêves !

AJ : Dernière question : Qu’est-ce que l’on peut te souhaiter ?

SG :Vivre encore des années pour écrire encore plein de livres.

AJ :Et bien je te le souhaite aussi. En tout cas, un grand merci d’avoir été le cobaye et de t’être autant livrée. Je suis touchée de ta confiance. Ton style me plait et je vais continuer à attendre avec impatience tes nouveaux écrits. 

SG : Encore merci pour cette interview et bonne lecture à tous ! Écrire, c’est exister alors merci de nous permettre à nous auteurs d’être lus.

téléchargement (3)

Pour retrouver la trilogie : http://www.edilivre.com/auteurs/sylvie-grignon-14250.html

16 réflexions sur “A la rencontre de Sylvie Grignon, une auteure qui nous veut du bien !

  1. petite pousse dit :

    Franchement, pour un début, on ne dirait vraiment pas! C’est très bien mené et donne très envie de lire les romans!!! 🙂 Comment entre-tu en contact avec les auteurs ainsi? En tout cas, ton interview motive pour continuer à écrire!! (moi aussi je veux publier quand je serais grande!!! :p)
    Merci pour ce bon moment!!!!

    Aimé par 2 people

  2. Khor dit :

    Bonjour, je lis peu, et encore moins les critiques . Cependant , Sylvie Grignon est une auteur dont je suis fan , et je suis son actualité. Très belle interview . Pour un coup d essai , c est un coup de maître BRAVO!!!! Maintenant , je suivrai cette chronique !
    Quant à Madame Grignon , j espère qu elle sera très connue , car c est une véritable auteure, qui donne envi de lire et une excellente enseignante . Chapeau bas mesdames . Continuez, on en redemande !!!

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