Ce qu’il ne faudrait jamais avoir lu, ni édité par Marie

Hello mes tordus,

Aujourd’hui, je laisse la parole à Marie que je remercie car je kiffe cet article !


 

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Ce qu’il ne faudrait jamais avoir lu, ni édité – Un exemple

Rayon « polar si mal écrit que je préfère encore lire Guillaume Musso à vie – non je déconne ! mais c’est pour souligner à quel point c’est mauvais »

Dans le désordre, on y trouve : pyromane, religion, enquête, krav maga, drogue, sexe (interdit au moins de 8 ans et demi), jeune fille en détresse, flic pourri, ange gardien, canicule, pc qui rame, voyous, journaliste, vomi, enfant de la lune etc…

« Écrit sans doute par un écolier… qui se gargarise de mots dont il régurgite des souvenirs mal assimilés. » Ce lecteur qui a partagé son avis sur Amazon m’ôte littéralement les mots de la bouche car c’est exactement ce que je voulais dire.

Passons sur l’histoire qui ne m’a pas emballée outre mesure (une jeune fille sauvée-du-viol-in-extremis-par-un-héros-qui-s’enfuit-sans-recueillir-les-lauriers mène l’enquête pour le retrouver, en tandem avec un jeune journaliste au chômage), c’est purement affaire de goût et attachons-nous simplement à l’écriture.

Je dois dire que j’ai rarement lu un texte aussi mauvais. La syntaxe, le style, la ponctuation… Ce pourrait être un catalogue d’écueils à éviter si vous vous targuez de pondre votre roman (mais vraiment rendez service aux lecteurs et réfléchissez bien avant de rejoindre la cohorte d’auteurs amateurs de polars mal écrits).

Cela démarre chapitre 2 (enfin ça démarre avant mais c’est moins visible) : « Pourtant, il ne pouvait se soustraire à l’éliminer définitivement de sa vie ». (se résigner, c’est le verbe qui convient parfaitement à ma lecture : quand ça commence comme ça, je me résigne à lire la suite).

Chapitre 5 : « Un rictus caressa les traits du séminariste (…) » (qui devient diacre au cours de la conversation mais vu la pénurie de curés, peut-être est-ce en discutant avec une jeune fille en détresse qu’on est ordonné).

Chapitre 7 : « Des souvenirs qu’il essayait de reléguer au plus profond de son cerveau refluaient dans chacun de ses actes, une abeille entêtante qui ne cessait de bourdonner à ses oreilles malgré ses frappes répétées afin de l’écraser » (je pensais envoyer un mot à sauvonslesabeilles.com).

Sautons quelques chapitres parce que je suis sympa, je ne vais pas tout vous infliger…

Chapitre 21 : « Impuissant, il régurgite une bile noire et nauséabonde qui coule (…) La déjection ne le soulage pas et renforce au contraire son mal-être. » Il devrait vite aller à l’hôpital pour montrer cette intéressante anomalie de vomir de la bile du cul.

Troisième partie, chapitre 9 : « Louise fut prise d’un frisson et eut un haut-le-coeur de dégoût (…) ». Il était important de décrire cette nausée parce qu’on aurait pu confondre avec un mouvement de joie, c’est vrai qu’ils le font dans la Cité de la Peur.

Bis repetita ad nauseam

Et même dans les remerciements (oui je lis TOUT) : « Dieu sait la fébrilité que je ressens lorsque j’appose la phrase finale de chaque livre » (Ce doit être une sacrée délectation que d’apposer des phrases).

Comme l’a souligné le lecteur amazonien, il faut connaître la définition des mots avant de se précipiter sur synonymo.fr.

Les fautes, les coquilles (« Francis Holmes » – au lieu de Heaulme – aura provoqué une réaction en chaîne : incompréhension, stupéfaction, esclaffement, dédain), les majuscules dont apparemment l’auteur ne connaît pas l’emploi, pas plus que la ponctuation, utilisée au petit bonheur la chance, tout cela concourt à nous infliger un texte médiocre.

Il est aisé de pardonner un texte incertain dont l’histoire nous transporte ; a contrario, une écriture précise, enlevée ou sophistiquée peut soutenir une histoire plus faible ; la force d’un message nous fait oublier la mauvaise qualité littéraire. Mais las, rien de tout cela…

Dans une interview accordée au Régional – hebdo de Salon-de-Provence, l’auteur dit être « perfectionniste » (le genre de défaut qui fait bien dans un CV), que « le talent ne fait pas tout » (modeste avec ça) et avoir suivi un master 2 de lettres modernes (on soulignera « suivi »). On pourra lui conseiller de lire encore plus (c’est un « gros lecteur ») mais de la bonne littérature, un dictionnaire à portée de main surtout.

Le quotidien La Provence l’a titré « un thriller magistral ». L’actu devait être particulièrement faible ce jour-là, à moins que le rédacteur de l’article n’ait pas lu le roman ou n’ait jamais lu de thrillers, voire jamais lu tout court.

Trouverais-je quelque chose de positif à dire de ce roman ? Eh bien, la dose de fantastique est relativement homéopathique, la fin est assez soignée, ce qui est plutôt rare dans le genre. Le petit twist final est intéressant, même sans beaucoup de surprise pour les lecteurs chevronnés.

Il va falloir travailler monsieur l’auteur, travailler d’arrache-pied pour enrichir votre vocabulaire, pour apprendre les règles de grammaire, syntaxe et ponctuation, pour donner de l’épaisseur aux personnages, surtout les secondaires qui n’ont aucune consistance.

Si vous êtes pris du besoin irrépressible de connaître le titre de ce roman, allez donc là leslibraires.fr

29 réflexions sur “Ce qu’il ne faudrait jamais avoir lu, ni édité par Marie

    • Marie dit :

      Merci 😉 Je n’en reviens pas moi-même. J’étais stupéfaite puis indignée, aussi il m’a paru important d’en parler. On n’a pas à nous infliger un texte aussi pauvre, peu importe que l’histoire plaise ou pas.

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  1. Audrey dit :

    Voilà un avis qui a le mérite de remettre les pendules à l’heure et de faire bien rire. Et j’adore l’illustration choisie 🙂
    J’essaie toujours de trouver du positif dans un livre, mais je ne suis encore jamais tombée sur un roman où l’auteur nous prend pour des idiots…

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  2. SAMUEL SUTRA dit :

    « Les fautes, les coquilles »… »La force d’un message nous fait oublier la mauvaise qualité littéraire. »
    Mais las, rien de tout cela… »
    LAS ?
    Dommage de tomber dans le piège qu’on dénonce, Marie…

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      • Sutra dit :

        Non, un lecteur pour ce genre de chronique sans intérêt et à la méchanceté qui va au-delà du simple avis littéraire.
        Pinailleuse ? Alors pinaillons.La ponctuation existe même en présence de guillemets. Avant ou après, on choisit, mais on la met. Les points de suspension après « etc. » sont une redondance. On continue ?
        Démollir un bouquin, OK. Mais on pond de l’irréprochable, on prouve qu’on vaut mieux que celui qu’on descend en flamme. Sinon on dit « j’aime pas » et ça suffira.

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  3. Les Petites Lectures de Maud dit :

    Bonjour Les mots tordus d’Anne-Ju,

    J’aime habituellement beaucoup lire tes chroniques mais j’avoue que celle-ci me choque. Je n’ai pas lu ce livre et peu importe à dire vrai.
    On a le droit d’aimer ou de ne pas aimer un ouvrage mais on a le devoir de respecter autrui et je trouve tes mots très rudes voire irrespectueux envers l’auteur qui a fourni un travail et surement beaucoup de lui-même.
    J’aime toutes les critiques pourvu qu’elles soient constructives, mais je n’aime pas lire du « bashing » en règle et c’est l’impression que j’ai en te lisant, ce qui finalement, dessert ta chronique.
    On peut s’exprimer sincèrement sans lyncher… C’est tellement plus agréable, plus intelligent et plus élégant.

    Bien à toi,

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    • lesmotordusdanneju dit :

      Bonjour Maud, si tu as bien lu l’article tu verras que ceux ne sont pas mes mots. Et si tu me suis, cela se voit bien que je ne parle pas comme ça.
      J’ai laissé une amie s’exprimer car c’est son droit. Elle avait envie de pousser une gueulante et je soutiens ce genre d’initiatives. Je ne supporte plus le « politiquement correct » que certains bloggueurs ont instauré.
      Il est toujours plus facile de ne rien dire que de l’ouvrir. Et rien que pour cela, je cautionne l’initiative.
      Depuis hier, les visites et les commentaires en tout genre affluent.
      L’auteur peut me dire merci car grâce à cet article, il a eu de la pub gratuite.
      Mon blog n’a jamais été fait de langue de bois. Ceux qui me suivent depuis 2 ans le savent très bien.
      D’ailleurs, quand je vois tous ces commentaires et autres attaques, cela me donne encore plus envie de continuer à m’exprimer et à laisser les gens s’exprimer avec leurs mots. Je ne pratique pas de censure et j’en suis fière.
      Après si cela dérange, on n’est pas obligé de me suivre ou de me lire.
      Donc je ne pense pas que cela dessert la chronique ou mon blog. J’assume mes choix et mes opinions car c’est avant tout mon blog et non celui d’un auteur, d’une maison d’édition ou autre.
      Bonne journée Maud et merci de ton commentaire

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      • Les Petites Lectures de Maud dit :

        Effectivement Anneju, j’ai mal lu et j’ai vu ensuite qu’il ne s’agissait pas de toi mais d’une autre personne. Je m’excuse donc pour cette méprise.
        Je n’ai jamais dit que cela desservait ton blog (que j’aime beaucoup par ailleurs) mais que la chronique me choquait.
        On peut s’exprimer et émettre des avis tranchant sans être méchant. Il y a une certaine hargne dans la plume de Marie, qui personnellement me dérange. Et cela se lit non seulement dans sa chronique mais aussi dans ses réponses aux commentaires, le mien et les autres. Ce n’est pas la meilleure manière de faire passer un message.
        Encore une fois c’est mon avis, que je partage puisque vous revendiquez toutes deux une liberté de ton et de paroles, je pense que vous le respecterez !

        Au plaisir de TE lire dans de nouvelles chroniques.

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  4. Marie dit :

    Je ne suis pas agréable, ni intelligente, ni élégante. Ni rien en fait. Ce qui est amusant en définitive, c’est qu’au lieu de m’ignorer, les gens tombent bien bas à faire des réflexions à la hauteur de ma médiocrité. Je prends même comme une marque d’estime ces belles tentatives de se mettre autant à ma portée. Je les en remercierais si j’étais bien élevée, ce que je ne suis bien évidemment pas.

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    • Les Petites Lectures de Maud dit :

      Chère Marie,

      Puisque vous êtes si attachée aux mots et à leur signification, je tiens à vous apporter une précision que vous permettra de mieux comprendre mon propos.
      Ce n’est pas la chroniqueuse que j’ai jugée désagréable ou inélégante, mais la chronique. De la même manière qu’on marque toute la différence en disant à un enfant « Ce que tu as fait n’est pas bien » et non « C’est toi qui n’est pas bien ».
      Je me permets de juger les mots employés et non la personne. C’est, ce qui à mon sens, fait toute la différence et s’appelle le RESPECT de l’autre. Vous savez, cette petite chose que l’on confond trop souvent avec la liberté de parole ou la liberté tout court, mais qui fait toute la différence et permet de vivre en harmonie tout en respectant la liberté de penser et la liberté d’expression.

      Bien à vous Marie,

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    • SUTRA dit :

      Mais on vous ignore, Marie. Après le déferlement de remarques que vos lignes ont suscité, on aurait espéré un léger remaniement du papier, une amende honorable, un petit recul sur ce qu’il a pu provoquer chez vos lecteurs. Mais las, non (clin d’œil). Vous persistez et ironisez sur les « gens » qui tombent aussi bas que cette médiocrité où vous feignez de vous situer avec arrogance. Preuve s’il en est qu’en fait, vous avez une très haute estime de vous.
      On vous ignore, on ne sait même pas qui vous êtes. C’est votre « chronique » que je vise. C’est bas, facile, embusqué. Vous donnez votre avis à la sulfateuse, vous arrosez tous azimuts, vous dézinguez l’auteur, ses articles, ses études, ses remerciements. Pas un mot sur sa mère. Vous avez manqué de temps ? Ou ça vous a démangé mais, dans le doute, vous avez quand même retenu le geste ?
      Vous conseillez à l’auteur de travaillez ses livres. Avant ça, travaillez vos papiers. Il parle de quoi, ce livre ? On n’en sait rien ! L’intrigue ? Pas un mot ! Ce qu’il cache malgré tout de bon ? « le twist final intéressant », mais que vous modulez, du haut de votre posture de lectrice chevronnée. Demandez-vous ce qui se dit, ce qui ne se dit pas, dans quels registres on peut puiser pour faire passer un ressenti, pour réellement parler d’un livre. Lisez d’autres blogs, d’autres papiers, d’autres chroniques assassines qui, pourtant, on su garder en élégance. Travaillez, apprenez. Vous comprendrez que si être un auteur « digne de vous » est un métier, se permettre d’écrire sur les livres en est un aussi.
      Quand vous aurez assimilé tout cela, alors vous aurez peut-être une pluie de compliments.

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      • lesmotordusdanneju dit :

        En tout cas, M. Sutra vous êtes beaucoup plus virulent sur ce genre de chronique que sur celle que j’avais fait sur votre livre ! Qui je le rappelle, était positive ! Comme quoi, je me demande si je n’aurai pas mieux fait de ne pas aimer votre roman noir 😜

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  5. Ju lit les mots dit :

    En temps normal, j’apprécie tes retours ! Mais là je suis surprise choquée ! Ce n’est pas du politiquement correcte que de repecter l’auteur, même si le livre a pleins de défauts 😦

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  6. belette2911 dit :

    Bon, je ne sais pas encore de quel livre on parle mais j’irai voir ensuite, le suspense, toujours le bon vieux suspense, bien que, ayant vu le nom d’un auteur dans les commentaires, je me doute que c’est d’un de ses livres que l’on juge.

    J’ai capté que ce n’était pas un article de toi et j’ai tout de même bien ri, même si la personne visée à dû moins rire que moi.

    Faut-il publier les chroniques de livres que l’on a pas aimé ? OUI !! Parce que ce n’est jamais que notre avis et que les autres peuvent aimer quand même. Peut-on descendre en flèche le roman ? Je dirai « oui » si c’est argumenté, chose que Martine fait avec des exemples concrets. Maintenant, ce qui n’est pas passé chez elle pourrait être toléré chez les autres…

    Niveau respect de l’auteur… je ne me prononcerai pas puisque la définition de ce mot est à géométrie variable. C’est pas une chronique gentille, mais je ne te lancerai pas la première bière puisque je l’ai déjà fait aussi, et ma foi, ça soulage ! 😀

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      • belette2911 dit :

        Comme disait le type « Qui spermait ? »

        Je ne suis ni juge ni avocate, et encore moins partie prenante. J’observe, c’est tout 😉 Et je sais combien on peut être frustrée et vénère après une lecture « bouse » et combien ça soulage de le dire avec humour, enrobé dans des calembours, mouillé d’acide… Aznavour, sors de ma tête ! mdr

        Demain soir, mojitos !

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  7. belette2911 dit :

    PS : oups, rien à voir avec l’auteur qui a commenté sur ton blog ! C’est d’un autre qu’il s’agit et je suis étonnée parce que je possède un autre de ses romans, avec les mots « rouge » et « mort » dans le titre (et non, ça ne parlait pas de la défaite des socialistes ! mdr).

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    • lesmotordusdanneju dit :

      L’auteur qui commente mon article est plus virulent sur un article dont il n’est pas la cible que sur l’article que j’avais fait sur son livre. Je me demande si il ne veut pas lui aussi une chronique négative ! En tout cas, l’auteur désigné dans la chronique peut me remercier car je lui ai fait une belle pub ! Deux jours que les gens s’amusent à argumenter « que dale! » Au final !!! Ça tourne en rond…. c’est pathétique de chez pathétique !

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      • belette2911 dit :

        J’aurais cru que ce fusse lui, mais non… Mais ça fait du bien de voir qu’il y a encore des avocats pro déo pour défendre l’accusé qui n’a peut-être même pas vu la critique « négative » dont il fait l’objet. PTDR

        Ça donne toujours envie aux gens de lire le livre pour savoir si la critiqueuse a raison ou pas… ça fait vendre !! Si maintenant il avait une mise à l’index par le vatican, ça triplerait les ventes ! Les chanteurs en savent quelque chose (Gainsbourg, Brassens,….). Pardon, la comptable en moi alignait déjà les €….

        Le chien court après sa queue…. mdr

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  8. Denis dit :

    Euh… vu le niveau habituel de la maison d’édition, pourquoi diable avoir acheté un de leurs romans??? 😉 Bon maintenant vous savez! Et merci de prévenir les ignorants! Les livres coûtent cher, certains devraient toujours avoir ce constat en tête. Il ne suffit pas de publier, encore faut-il fournir un travail de correction et éditorial au minimum acceptable. En espérant que votre chronique serve de leçon à cette équipe.

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  9. Lord Arsenik dit :

    Comme dirait ce brave Clint : « les avis c’est comme les trous du cul, tout le monde en a un ».
    Et j’ajouterai que : tout le monde a le droit de péter quand ça lui chante… ceux que ça dérange s’écarteront du nauséabond 🙂

    Ceci dit je ne partage pas du tout l’avis de Martine sur ce bouquin. Mais pour rester dans la citation : « le goûts et les couleurs… »

    Aimé par 1 personne

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