La vraie vie d’Adeline Dieudonné

La rentrée littéraire est une plus une rentrée où le but est de trouver la pépite, le livre coup de cœur parmi plus de 500 livres ! Oui plus de 500 !

Alors comment faire ? On lit les conseils des magazines, écoute les invités des émissions littéraires , se rend dans les librairies et on demande conseil sans les copines dévoreuses de pages.

Pour cette fois, c’est lors de présentation de coups de cœur de libraires que j’ai envie de parcourir ce livre. J’avoue que la couverture m’a tout de suite attirée.

« Ah ah ça parle d’un lion ? d’un zoo ? hihhihi »

Oui et non !

 

IMG_4168C’est un pavillon qui ressemble à tous ceux du lotissement. Ou presque. Chez eux, il y a quatre chambres. La sienne, celle de son petit frère Gilles, celle des parents, et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. La mère est transparente, amibe craintive, soumise aux humeurs de son mari. Le samedi se passe à jouer dans les carcasses de voitures de la décharge. Jusqu’au jour où un violent accident vient faire bégayer le présent.
Dès lors, Gilles ne rit plus. Elle, avec ses dix ans, voudrait tout annuler, revenir en arrière. Effacer cette vie qui lui apparaît comme le brouillon de l’autre. La vraie.

 

 

Combien de fois j’ai pu entendre cette phrase « dans la vraie vie » et je peux vous dire que cela me donne envie de me noyer dans ma baignoire de mojito. La vie c’est vraie !!!

Sauf qu’avec ce roman, elle prend un tout autre sens.

« A la maison, il y avait quatre chambres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes parents, et celle des cadavres. »

Voilà comment commence la vie de cette famille : un foyer où la mort côtoie la peur et la terreur. Mais une sœur et un frère font front et se protègent.  Que fait la mère ? Elle survit en silence. Vous aurez compris que le père est la violence et la colère incarnées. Il aime passer du temps dans cette chambre, celle des cadavres des animaux qu’il a chassé et tué.

Je crois que dans cette famille, personne n’aimait le moment où on se retrouvait réunis autour d’un repas du soir. Mais mon père nous imposait ce rituel, autant qu’il se l’imposait à lui même. Parce que c’était comme ça. Une famille, ça prend ses repas ensemble, plaisir ou pas. C’était ce qu’on voyait à la télé.

Il n’est pas question de vie de famille mais de survie dans ce lotissement, nommé le Démo. On doit être soudé pour s’en sortir, pour éviter les coups, comme dans une jungle. C’est impitoyable ? Oui et plus que l’on ne le croit.

Mais il y a quand même des moments magiques, attendus par le frère et la sœur : le marchand de glace. C’est un moyen d’échapper à l’enfer de leur quotidien. Ce qui est chouette, c’est la chantilly que le marchand rajoute généreusement sur la glace de la fillette. Sauf que tout d’un coup, le siphon explose, arrachant la moitié du visage du glacier le tuant. CHOC ! La soeur et le frère sont les témoins de cet accident de la vie.

Les étés vont passés. La fillette va réussir à surmonter ce choc, mais pas son frère. Lui qui était si joyeux, qui aimait rire, se glisser dans son lit et raconter des histoires. Maintenant, il préfère passer du temps dans cette chambre de cadavre….

.. je l’aimais d’une tendresse de mère. … La forme d’amour la plus pure qui puisse exister. Un amour qui n’attend rien en retour. Un amour indestructible.

Mais voilà, cette fillette refuse de laisser son frère sombrer ainsi. Une idée lui vient : devenir Marie Curie. Un rêve d’envergure : remonter dans le temps et faire que cet accident ne soit jamais arrivé.

Voilà c’est ça ce roman ! C’est un putain de très bon roman. C’est l’amour fraternel, maternel. Mais aussi le combat de fatalité ! L’envie et l’espoir de changer les choses, de les améliorer…De se battre.

On aurait pu croire que cette fillette allait baisser les bras et accepter ce destin. Mais non, Adeline Dieudonné, nous montre que tout est possible quand on y croit. Un roman d’espoir ? Le roman de vie…le roman qui dit que nous sommes le seul maître de notre destin. C’est à nous de le construire et d’y croire.

Alors il faut lire ce premier roman ! Il faut l’offrir, en parler. Il peut faire mal. Il va peut-être rouvrir des blessures chez l’un ou chez l’autre. Mais dites vous que c’était peut-être utile, qu’il fallait en passer par là.

J’ai eu la chance de grandir dans une famille à l’opposé de celle-ci : belle maison, dans un quartier résidentiel, des parents modernes, à l’écoute avec des principes et des limites, une petite sœur que je protègerais toujours. Nous sommes soudés même si nous sommes éloignés géographiquement. Les Noëls sans être tous les 4, ne seraient pas de vrais noëls.  Je vous rassure, on n’est pas toujours d’accord et on s’engueule aussi, mais on s’aime et c’est tout ce qui compte. A 4 on est plus fort !

Désolé d’avoir fait un rapprochement plus personnel que de mon addiction au mojito mais ce roman m’a fait voir la chance que j’ai eu. Et on n’en a pas conscience tous les jours ;-).

Sachez que ce premier roman a reçu le prix FNAC 2018.

La vraie vie d’Adeline Dieudonné – aux Editions Iconoclaste – 270 pages – 17€ – sorti le 29 août 2018

 

9 réflexions sur “La vraie vie d’Adeline Dieudonné

  1. belette2911 dit :

    On ne se rend jamais compte de la chance qu’on a eu dans sa vie ! Parents normaux, pas de divorce, pas de coups (ok, j’ai eu des fessées, méritées sans aucun doute), mère présente, parents à nos culs pour les devoirs et les leçons, jamais eu faim…. putain, la grande classe !

    Tant pis ppour ma PAL, je note ce livre !!! C’est de ta faute, na 😉

    Aimé par 1 personne

Quelques mots tordus...vas y, lâche toi :-)

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